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29 avr.20:30
 

LOGEMENT : ETAT D’URGENCE
La crise du logement s’aggrave chaque jour davantage, comme le révèlent les rapports annuels de la Fondation
Abbé Pierre (FAP).
De la crise à la catastrophe
En France, le chômage, la précarité, la pauvreté, se sont étendues
ces dernières décennies. Ainsi 9 millions de personnes sont sous le
seuil de pauvreté, 13% sont contraints de renoncer à se soigner.
Plus de 3,6 millions de personnes sont mal logées ou vivent dans la
rue. Sans compter les plus de 5 millions de locataires en situation
de fragilité financière à court ou moyen terme.
Il manque 900 000 logements accessibles aux plus modestes
Les gouvernements précédents ont enfermé ce secteur dans la voie
de sa marchandisation et du désengagement de l’Etat. La
spéculation foncière et immobilière, l’absence d’une réelle
politique de rénovation des habitats dégradés, conjuguées avec une
perte du pouvoir d’achat de nos concitoyens ont conduit à des
situations intenables d’exclusion et de mal-être sur l’ensemble du
territoire.

Le plan d'urgence du gouvernement : un premier pas
 En renforçant les obligations de constructions dans le cadre de la loi SRU
 En affirmant sa volonté de s’attaquer au problème de l’habitat indigne, aux copropriétés dégradées,
à l’encadrement des loyers ou encore à la création d’une garantie universelle pour les impayés
 En appliquant un taux réduit de TVA à 5% pour la construction de logements locatifs sociaux, afin
de remplir l'objectif de 150'000 nouveaux logements sociaux par an à l'horizon 2017
 Le taux de TVA s'appliquera également à la rénovation énergétique de 120'000 logements sociaux
par an. Coût : 660 millions d'euros par an pour l'Etat
 Une aide aux particuliers de 1350 € par opération sera mise en place. Coût : 500 millions d'euros.
Au total, une vingtaine de mesures pour tenter d'enrayer la crise du bâtiment.
Le gouvernement fait un premier pas, nous partageons ces objectifs. Mais cela est insuffisant pour constituer
une grande politique publique du logement au niveau des besoins.
La situation du logement dans le sud du département
Elle est aberrante, dans le bassin de vie de Manosque et Forcalquier.
On n’a jamais autant construit et pourtant, les logements sociaux manquent toujours.
La plupart des communes font le choix du secteur privé au détriment du secteur social, et lorsqu’elles
construisent du logement social, le PLAI (prêt locatif aide à l’insertion) pour les plus défavorisés, est
écarté au profit du PLUS (prêt locatif à usage social) destiné à des personnes à faibles et moyens revenus,
et du PLS (prêt locatif social) qui s’adresse aux classes moyennes et supérieures.
Il faut très rapidement, inventer un nouveau modèle pour le logement social afin de l’adapter à des publics
ayant des revenus très faibles, tout en respectant la mixité sociale et géographique.
Le taux de logement social reste scandaleusement bas à Manosque, il oscille entre 7 et 11% suivant diverses
statistiques. Malgré les habitations qui poussent comme des champignons sur cette commune, en
particulier dans les anciennes riches terres agricoles, il reste toujours plus de 1000 demandes de loge-
MAL LOGES L'effroyable
addition
les chiffres 2012 du mal-logement ne
diffèrent pas de ceux de l'année
précédente : la FAP estime que 685 000
personnes sont privées de domicile
personnel, 3,6 millions sont très mal
logées (privation de confort,
hébergement chez des tiers) et 5,2
millions sont en situation de fragilité par
rapport au logement (impayés de loyers,
copropriété dégradée, suroccupation…).
Quant au nombre d'expulsions locatives
effectuées avec le concours de la force
publique, l'année 2010 marque un
record : 11 670, en hausse de 10 % par
rapport à 2009.
ments sociaux en instance. De plus il s’agit d’ une demande très sociale, puisque 89 % des entrants dans
le parc HLM sont en - dessous de 60 % des plafonds.
A Forcalquier, ce n’est pas plus brillant ; 200 à 300 demandes de logements sociaux sont en attente, dont
entre 70 et 100 personnes qui résident dans la ville. La part des logements sociaux dépasse à peine les
10%.
Dans les deux villes citées, les attentes peuvent durer parfois des années. En clair il faudrait doubler la
construction de logements sociaux dans le 04.
Le poids du loyer dans le budget des familles
Le logement figure comme premier poste de dépenses des ménages, devant ceux consacrés à l’alimentation
et aux transports. Un locataire du privé sur cinq débourse plus de 40% de son revenu pour se loger.
Mesures d’urgence à prendre :
- construire 200'000 logements sociaux par an
- bloquer les loyers afin que le montant cumulé du loyer et des charges n’excède pas 20% des revenus
- arrêter les procédures d’expulsion
- mobiliser les logements vacants en rehaussant la taxe et les amendes
La proposition phare du Front de Gauche lors des élections présidentielles et législatives était « de développer
un grand service national décentralisé du logement et de la Ville qui permette enfin une maîtrise
publique et une maîtrise foncière. » Elle reste d’actualité.
Nous vous invitons à participer à ce débat fondamental sur les exigences politiques, économiques
et sociales qui permettraient de garantir un toit décent à chacun.
SORTONS LE LOGEMENT DE LA LOGIQUE DE L’AUSTERITE POUR DONNER
DE LA SECURITE AUX LOCATAIRES

LE CHANTIER ITER : REFUSONS LE CHOIX DU TRAVAIL ET DU
LOGEMENT PRECAIRES
L’étude du guide de l’agence ITER France ( AIF ), indique que le chantier accueillera « 3000 salariés simultanément,
de 2014 à 2017 , parmi ces salariés 1500 à 2000 seront en recherche d’une solution d’hébergement
. »
Une étude lancée bien trop tardivement !
Il est paradoxal de constater que pour un tel « chantier exceptionnel, sans équivalent en Europe », l’AIF
ait tant attendu pour commander une étude au cabinet Sémaphores. Cette étude, lancée au mois de juillet
2011, s’est terminée en juin 2012.
En vérité le choix depuis le début consiste essentiellement à privilégier l’installation de mobil-homes et
autres Algécos sur des aires de camping, des stades…
Seules des multinationales obtiendront les marchés et, par le biais des sous-traitances en cascade et la
recherche de main d'oeuvre à bas coût, ce seront donc vraisemblablement des salariés précaires détachés
qui occuperont les mobil-homes et Algécos.
Le label grand chantier refusé
Un tel chantier aurait mérité d’être réalisé sous le label « grand chantier », tel que celui du viaduc de Millau,
il incite les regroupements d’entreprises à construire des logements. Ce ne sera donc pas le cas pour
le chantier ITER.
Un aménagement du territoire oublié
L’étude du cabinet Sémaphores indique que le marché immobilier est tendu et que les offres locatives
sont insuffisantes en région PACA .
N’oublions pas la spéculation foncière et immobilière qui conduit à une grave carence dans le logement
social.
Un tel projet associant financièrement l’Europe à six autres grandes puissances scientifiques, avec des financements
publics, aurait dû s’imposer un projet ambitieux d’aménagement du territoire. Comme le préconisait
l’Etablissement public foncier régional ( EPFR ) dès 2006. Il pointait la nécessité d’ « effectuer
des acquisitions foncières et d’accompagner les grands projets tel ITER. »
Cette analyse conduisait l’association des élus communistes et républicains ( ADECR ), à écrire dans leur
document d’invitation au forum sur le logement social du 14 mars 2006 « n’est-il pas opportun de réfléchir
aux conditions d’accueil à réaliser afin de loger les salariés du BTP et autres, qui vont participer à la
construction d’ITER. »
Des regrets et des propositions pour faire de ce chantier une double chance :
Pour le logement social
A partir de ce constat il fallait qu’ITER impose le label « grand chantier » afin que les entreprises
s’impliquent dans des projets de réalisation de logements, notamment sociaux, et une fois l’hébergement
terminé qu’il établisse une passation ( avec compensation ) aux sociétés HLM et autres organismes ayant
participé à la réalisation.
Il était également possible, en faisant le point des logements vacants1 publics et privés et dans le cadre de
l’Agence nationale de l’amélioration de l’habitat ( ANAH ) ou encore de l’ANRU ( Agence nationale de
rénovation urbaine ), de réaliser des opérations de rénovations. Nos villages et villes regorgent de logements
à réhabiliter. L’hébergement des travailleurs terminé, les biens seraient restitués aux propriétaires.
Pour l’emploi
Par exemple, alors que l’emploi dans le secteur du bâtiment est en train de s’effondrer, que le chômage
dans le BTP va progresser fortement, la logique serait que les sociétés qui obtiennent les marchés ITER
s’adressent en priorité aux entreprises du BTP du périmètre concerné notamment les petites et moyennes.
La recherche de la baisse du coût du travail, pour plus de profit, conduit les grandes entreprises à
privilégier la sous-traitance en cascade, impose en bout de chaîne des prix qui impliquent le recours à une
main d’oeuvre surexploitée.
L'objectif doit être l'égalité des droits entre tous les salariés. A travail égal, salaire égal.
Le devoir de vérité, nous impose de dire que ce chantier concernant la construction du site qui se voulait
exemplaire, pourrait devenir un véritable fiasco social, écologique, pointant la responsabilité des
politiques mêlés à ce dossier.
Mobilisons- nous pour que ce chantier ne soit pas celui de l’esclavage moderne pour ses
salariés et pour qu’il ait des retombées bénéfiques pour le territoire et ses habitants.

 
 

 
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